Grâce aux premiers hommes qui
nous ont laissé les témoignages de leur existence, au moyen
de fresques picturales ou d'autres objets, nous sommes
encore aujourd'hui leurs légataires reconnaissants, qui
cherchent à percer le mystère des origines de l'humanité qui
débuta il y a des milliards d'années et qui ressemble à une saga
dont personne ne connaît la fin. Ce dont nous sommes sûrs c'est
que rien de tout cela ne s'est fait sans la souffrance. Non pas
une souffrance recherchée, masochiste, mais une souffrance
inévitable parce que provoquée par le déchirement d'une
intelligence toujours en éveil, qui doit chaque fois bousculer
ses habitudes et ses certitudes acquises pour avancer sur le
sentier d'autres découvertes. Subissant toutes les mésaventures
de la condition humaine, depuis les premières difficultés
affrontées par nos lointains ancêtres pour s'adapter à des
milieux naturels souvent hostiles, jusqu'aux luttes, de nos
jours, menées par les scientifiques pour tenter de mieux
combattre les maladies physiques et psychiques, engendrées par
les nouvelles sociétés. Tout oblige l'homme à lutter contre ce
qui est, pour lui, une menace, même si parfois il la provoque
lui même, soit par ignorance, soit volontairement. Malgré tout
il combat pour avancer, comme si un fil d'Ariane, le menant
vers un but inconnu mais pressenti, le poussait vers des
découvertes nouvelles venant enrichir le patrimoine de
l'humanité générant des civilisations de plus en plus
perfectionnées. Tout cela fait accroître le niveau de conscience
général, nécessitant de plus en plus de questionnements,
provoquant aussi de plus en plus de conflits, amenant également
d'enrichissants débats d'idées. «La vie, prise aussi bien dans
son ensemble que dans le détail des êtres organisés, progresse
méthodiquement, irréversiblement, vers des états de conscience
de plus en plus élevés.» (Pierre Teilhard de Chardin). C'est
parce que ce monde en marche dans l'espace temps que nous
vivons, nous fait ressembler à l'alpiniste qui fournit des
efforts pour contempler le paysage au bout de son ascension,
que nous avançons comme poussés par un désir de «plus beau, de
plus grand » afin d'atteindre un idéal que nous avons du mal à
définir vraiment. Ce besoin profond de dépassement de nous-mêmes
ou celui qui nous fait nous surpasser pour autrui, est le seul
qui nous donne vraiment une joie profonde, nous faisant prendre
conscience que seul l'amour porté aux autres nous élève vraiment
. C'est en donnant que l'on reçoit, car en donnant on rencontre
les autres et on joint des énergies positives . Si nous sommes
poussés à évoluer ou à converger vers Dieu, c'est à dire vers
toujours plus de puissance d'amour, transcender la souffrance
devient une nécessité et une évidence. L'évolution de l'humanité
vers la Vérité ne peut se faire que par une solidarité toujours
plus grande, vers une maîtrise de la justice toujours plus
forte. Dans le cas contraire ce serait risquer une régression.
Les communications vont si vite entre les pays que les efforts
pour se comprendre, pour éviter les tensions, deviennent presque
une question de survie pour l'humanité entière. Apprendre à
s'adapter de mieux en mieux et le plus rapidement possible est
déjà une forme de souffrance. En replaçant ce combat à
l'échelle de l'humanité qui n'a cessée de progresser , bien que
parfois obligée de souffrir les inévitables intérêts personnels
ou politiques, nous sentons néanmoins s'éveiller une conscience
plus grande, au-delà même de toutes sortes de conflits
d'idéaux. L'homme est là depuis si longtemps, il a toujours
lutté pour sa survie avec des moyens différents selon les
époques, car sa capacité à aimer est immense, sa force à se
dépasser est parfois surprenante, elle va souvent même jusqu'au
sacrifice de sa vie pour sauver, de la haine et de l'ignorance,
ceux qu'il aime. L'homme s'oublie et fait avancer l'humanité
lorsqu'il combat pour une cause juste, comme l'a fait le Christ
qui est allé au bout de son sacrifice, révélant ainsi au monde
le sens du seul combat qui lui permette de donner un sens à son
existence et d' avancer pour évoluer vers sa réalisation
suprême dans l'amour. S'il ne dit pas non à la haine, il en
devient complice, avant d'en être à son tour l'instigateur.
C'est ainsi que l'on peut mieux comprendre la nécessité de dire
toujours non à celui qui vous veut ou vous fait du mal. Car en
rendant le mal pour le mal, on l'accepte en nous. La révolte
n'est pas interdite, elle exprime notre douleur à être
incompris, mais il est vital pour chacun de nous et pour
l'humanité toute entière de renoncer à rendre la violence pour
la violence, car il vaut mieux opposer à l'ignorant la
connaissance de la force de l'esprit que de le laisser agir en
partageant sa violence ou sa faiblesse.
Périgueux le 24
Août 2008
Jésus, qui
es-tu?
«Lorsque du Créateur la parole
féconde
Dans une heure fatale eut
engendré le monde...»
Ainsi parlait, au dix- huitième
siècle, le poète Lamartine dans une de ses méditations.
«La parole, le Verbe» telles
sont les expressions couramment utilisées par le vocabulaire
théologique pour exprimer la toute-puissance créatrice et de la
bonté salvatrice de Dieu, avant qu'Il nous donne par amour, son
fils unique Jésus: «Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité
parmi nous..». car «Le Père a tout remis au Fils.» (Saint Jean
3,35).
Voici cette divine Parole
d'Amour, incarnée, venue jusqu'à nous. La voici, vivante en
Jésus à notre dimension humaine, tellement semblable à nous.
Tellement proche aussi qu'il nous semble pouvoir Lui parler
comme à un ami, car Il a partagé notre humanité, Il a été
homme parmi les hommes. Dans sa dimension divine, Il est Dieu,
pleinement Dieu, un Dieu d'amour venu dans notre espace
temporel pour nous apprendre à aimer, pour nous faire découvrir
la dimension spirituelle de l'être humain que nous sommes,
façonné à son image. Comme un échange qui s'établit tout
naturellement, Il nous donne sa bonté infinie, nous la recevons,
pour la redonner ensuite aux autres, sans chercher à recevoir
en retour, avec altruisme.
Petit à petit Il fait sa demeure
dans notre coeur, comme l'exprima si bien St Paul par cette
phrase : «Ce n'est plus moi qui vis, mais le Seigneur qui vit en
moi», nous transformant par son amour.
L'amour est le summun de la
réalisation de l'être, il mène au détachement de soi, et en même
temps rend plus disponible aux autres.
Cette profonde mutation
intérieure, se fait grâce à l'Esprit Saint, mais jamais sans
notre consentement. Il nous faut l'accepter car Dieu respecte
toujours le libre arbitre.
Ainsi de Sainte Thérèse d'Avila,
Saint Jean de la Croix, Sainte Catherine de Sienne et bien
d'autres qui ont mis leur vie au service de l'amour de Dieu en
se rapprochant de Lui le plus possible. Ils ont suivi cette
voie qu'avait tracé Jésus sur terre, développant avec Lui un
dialogue sans relâche malgré les difficultés rencontrées tout au
long de leur vie. Ils sont devenus les témoins d'une foi
vivante aux yeux des hommes de leur temps et le sont encore au
delà des siècles . Jésus s'est donné pour chaque être humain,
pour tous sans exception . Comme un faisceau lumineux qui
éclaire à la fois tous les êtres et chacun en particulier,
l'Esprit de Dieu, ce Paraclet envoyé par le Christ après son
départ, habite notre esprit .
Jésus est donc avec nous tous,
mais surtout, et d'abord, pour ceux qui souffrent; ceux pour
lesquels il a prononcé « Les Béatitudes » , ce merveilleux
message d'espoir. Jésus, venu pour nous apprendre la
compassion. Redonner la vie à ceux qui n'ont plus le courage
d'avancer, redonner l'espoir à ceux qui sont brisés par les
injustices sans fin. Voilà où se trouve Jésus, voilà ce message
fort qu'Il nous délivre.
Éveiller les consciences, comme
il l'a fait et continue de le faire l'Esprit Saint lorsqu'il
inspire ceux qui le suivent. Un seul être qui souffre est une
chose qui doit déranger notre conscience. Car dans la globalité
de notre monde tout acte qui détruit à un bout de la planète se
répercutera tôt ou tard à l'autre bout. Il faut plus que jamais
éveiller à l'amour tous les hommes, continuant cette mission
donnée par Jésus il y a deux mille ans. On ne peut nommer
civilisation tout ce qui est bâtit sur la violence ou le
mépris, on ne peut nommer humanité tout ce qui porte atteinte à
la vie et à la liberté d'autrui. Nous sommes fait pour
construire ensemble et non pour nous détruire les uns les
autres.
Jésus nous a montré ce chemin
qui bâtit sur des bases solides d'entraide et de respect. Voici
une parole de sagesse à méditer pour notre quotidien: «La
simplicité de la vie est le signe de la vraie prospérité.» Swami
Râmdas